De l’approche de l’Histoire

L’Histoire est souvent présentée avec de grandes dates, de grands noms et séparée en périodes de temps. Cela revient à quantifier l’Histoire, à la prendre comme une suite de faits plutôt que comme un flux continu. L’Histoire comme science a pour but d’étudier les faits et événements passés et donc par définition se doit de faire se travail de quantification. Mais il convient de rappeler que ce processus transforme l’histoire, la matière première, pour la rendre digestible par les historiens et cela mène à une vision quelque peu tronquer de l’histoire. Je ne dis pas qu’il y a un autre moyen d’approcher l’histoire, mais il faut ne pas oublier ce processus.

C’est important parce que cela peut conduire à se concentrer et à uniquement se focaliser sur les événements et personnages principaux. A ne regarder uniquement les dates importantes on en oublie le reste, les dates moins importantes, les événements plus petits. Cela se rapproche de la question « Est-ce les grands hommes qui font l’Histoire ou est-ce le peuple ? ». Je ne pense pas que ce sont les personnages historiques ou les événements qui font l’Histoire, mais ils servent de repères pour focaliser des tendances et soutenir de manières tangible l’étude de l’histoire.

Le problème est que l’on tend du coup à se concentrer sur ses événements importants et, notamment dans le travail de vulgarisation de l’Histoire, on en oublie totalement le reste. C’est-à-dire que le flux continue qu’est l’Histoire disparait au détriment de cette quantification de personnes et de faits. De plus, la mise en évidence de tel ou tel fait historique ou de personnalités à tendance à être dictée par la situation politique du moment. Par exemple, lors de la création de l’état nation, une partie importante des historiens s’est concentré sur la création et la mise à jour des mythes nécessaires à une nation pour exister.

Il est nécessaire de garder en tête ce qu’est l’Histoire pour ne pas se perdre dans une propagande quelconque et ne pas oublier que ce n’est pas seulement ce qu’on observe en Histoire, les faits et personnes, mais bien un flux du passé qu’on ne peut que quantifier.

De la responsabilité face à la liberté

L’humanisme, et les mouvements qui en découlent comme plus récemment les mouvements d’empowerment, est une philosophie qui vise à plus de liberté de la société humaines, des individus, plus de pouvoir d’agir, plus de contrôle sur les différents aspects sociaux-économiques. Cette liberté s’accompagne d’un discours sur le droit pour chacun, individu ou société, de choisir son chemin. Dans la même déclinaison, il en découle le renforcement de la liberté et des conditions de vie de certains groupes sociaux-économique au sein même d’une société donnée. Le discours est louable et est directement lié à la notion de progrès, de prendre contrôle sur sa destinée propre et sur la nature qui l’entoure.

Le problème est que ce discours n’est accompagné presque uniquement de la notion de liberté. De liberté, de pouvoir, et de choix. Il manque pour moi la notion de responsabilité. On ne gagne pas le droit d’être libre, mais la responsabilité d’être libre. Or je pense que cette notion de liberté est dangereuse lorsqu’elle n’est accompagnée de rien d’autre. Toute seule elle ne représente pas grand-chose et finit finalement par devenir assez vide. La liberté c’est choisir, la liberté c’est ne pas avoir de contraintes supérieures. Mais cela peut créer des êtres individuels qui ne pensent pas aux conséquences de leur actes. La liberté pour un individu dans une société n’est rien si elle ne tient pas en compte celle des autres. Un individu a besoin de comprendre que sa liberté est avant tout une responsabilité. Un être libre est avant tout un être responsable.


Je trouve que cet élément est loin d’être quelque chose d’enseigné. Les mouvements sociaux parlent de liberté, pas d’obligations. L’enseignement aux enfants et aux citoyens parlent de droits, pas de devoir. L’accent est toujours mis sur les droits et les libertés, jamais sur les devoirs et les obligations. La liberté de l’individu est avant tout une responsabilité, pour lui-même et pour la société.

Perspective sur les Fake News

Les fake news restent un problème major. Plusieurs états ainsi que de gros groupes internationaux, comme Facebook et Google, ont commencé à réagir et essayer de résoudre le problème. Ils se sont malheureusement cantonnés mettre en évidence les sites qui étaient selon eux des sites de fake news. De la même manière, plusieurs grands journaux, comme Le Monde par exemple avec les Décodeurs, travaillent à lutter en cherchant à vérifier des informations.

Cependant cela revient à se concentrer sur les fake news en elles-mêmes et à ne pas se demander l’origine de celles-ci. Ici je ne parle pas d’une volonté de propager la haine ou un quelconque agenda politique, mais de l’aspect psychologique des fake news. D’où vient ce besoin de croire, alors que souvent des preuves concrètes existes ? D’où vient cette volonté de renoncer à la vérité pour essayer de s’accrocher à notre vérité ? On ne s’interroge que très peu sur les raisons psychologiques sous-jacentes.

Or nous avons pourtant une volonté de savoir la vérité, de douter, de remettre en question les choses et, le plus important, un besoin de toucher, de sentir quelque chose pour la considérer comme vraie. L’éloignement des faits, du fait que l’on se retrouver confronter à ceux-ci par un intermédiaire, que cela soit la radio, la télévision ou internet, nous en empêche d’avoir cette relation organique pour laquelle, je pense, l’homme a besoin. Plus l’éloignement d’un fait est grand, que ce soir d’un point de vue géographique (un événement se passant loin dans un pays avec une culture différente) ou que se soit avec un sujet avec lequel on n’est pas suffisamment familiarisé, nous avons tendance à devenir paranoïaque, à faire des simplifications et à sauter à la première conclusion qu’on nous propose. Cela est dans notre nature, on est rempli de biais, d’espoirs et d’idées préconçues. Et tout ceci nous éloigne d’une recherche de la vérité, inconsciemment peut-être, mais de façon sûre et continue. De plus, le rapport émotionnel important qu’on a souvent avec certaines informations nous empêche d’avoir un rapport clair et raisonné. On argumente plus avec notre cœur qu’avec une pensée froide et réfléchie, cela sans en être pleinement conscient. Pour moi le problème principal des fake news vient de là. Travailler à rétablir un rapport un peu plus cohérent à la réalité, il faudrait travailler notre rapport à l’information, à nos croyances et à nos désirs.

Il est vrai qu’un effort est actuellement mis en place, pour enseigner aux enfants à avoir un meilleur esprit critique. De nombreux programmes commencent à voir le jour dans les écoles et de manière un peu plus large, pour le grand publique. Mais est-ce que cela sera suffisant pour que les individus soient conscients de leur biais, de leur tendance à laisser l’émotionnel prendre le pas complet sur la réflexion, au détriment de la vérité ?

La lutte contre les fake news et contre notre volonté de vouloir croire en nos convictions passe par une volonté d’être pro-actif dans la recherche de l’information et la volonté de la recherche de la vérité comme objectif final.

Le péché originel

La sécularisation de la société a conduit à une perte d’une certaine sagesse présente dans les textes sacrés des religions. Sous le langage ésotérique et parfois relativement très obscure de ces textes, il s’y trouve plusieurs concepts intéressants qui malheureusement ne sous plus appris, ni même enseignés aujourd’hui. Je vais essayer d’en évoquer certains qui me vienne à l’esprit dans plusieurs textes.

 

Le premier d’entre eux est le mythe chrétien du péché originel. Celui est particulièrement passionnant sur sa condamnation directe et sans appel de la condition humaine : l’Homme a chu du paradis et depuis ne peut que se racheter. C’est peut-être un constat un peu sombre de la condition humaine mais il a l’avantage de vouloir montrer, à mon avis, à l’Homme de devoir être humble. Il doit se considérer comme n’étant pas parfait et devant s’améliorer. Ceci sur le plan moral.

Je trouve que cela va à l’encontre de l’humanisme qui a tendance à placer l’homme sur un piédestal, arrivant à la conclusion qu’il peut se juger lui-même. Ceci cause une dynamique qui dérive sur le fait que les individus on tendance par la suite à se juger bon. Si l’on peut se juger soi-même à quoi bon se juger mauvais, autant être bon. Je ne pense pas que cela soit une attitude constructive moralement. D’une part, parce que cela n’aboutit à rien de constructif – cela ne va pas dans le sens d’une remise en question permettant une certaine amélioration morale. Deuxièmement, cela permet d’entrer dans la pente d’excuser n’importe quel position morale – un certain relativisme moral dans lequel tout est permit puisque on peut se permettre soi-même.

Le mythe du péché originel aurait pour moi la vertu, comme je l’ai dit plus haut, d’humilité. De rappeler que moralement on est loin d’être parfait – ce qui est presque impossible d’être – mais que l’on possède des tares sur lesquelles il faut travailler. Ce qui contraste avec une philosophie plus humaniste et individualiste. Je ne dis pas qu’il faut aller dans le sens contraire, de devenir pénitent à plein temps, mais de l’utiliser pour gagner en humilité. Une humilité qu’il me semble perdue.

Actualité

L’actualité est un concept bien particulier. C’est quelque chose de normal que de se tenir au courant de l’actualité – De qui a gagné la coupe du monde, de quelles guerres son en place, de quel politicien a dit quelles bêtises, etc. Il y a des traces de chroniques écrites déjà au septième siècle av. J.-C. en Chine avec les Annales des Printemps et Automnes, preuve que le concept est loin d’être récent. Aujourd’hui il est plus que commun de regarder le journal de 20h, de lire les nouvelles sur un site tel que Facebook ou, selon les régions du globe, les avoir à travers Wattsapp. Et beaucoup de gens accompagnent aussi d’un discours clamant que c’est important d’être au courant de l’actualité, que c’est pour savoir comment va le monde. Cela a un aspect très social aussi, de pouvoir discuté, et d’avoir un semblant d’avis sur la société.

Cependant je trouve que cette manière d’apprendre et d’acquérir des informations est très discutable. Je ne vais pas m’étaler sur les problèmes intrinsèques de cette forme d’acquérir des connaissance – le biais du média en place, l’équilibrage entre les informations triviales et importantes, la différence entre le traitement des faits locaux et internationaux, Junk food news… Non, le problème vient du concept d’actualité en lui-même. L’actualité peut faire croire que l’on comprend le monde, que l’on sait comment ça marche, que l’on est au courant des choses importantes. Mais le monde est plus complexe qu’une suite de fait cités de temps à autre.

Je pense que l’on gagnerait à prendre le temps de comprendre un sujet. De lire un livre, de lire un article conséquent, de prendre le temps de réfléchir sur un sujet donné, e prendre le temps d’apprendre. L’actualité ne permets pas d’avoir du recul sur un sujet, ni d’avoir accès a divers points de vue. Il faut arrêter de considérer que l’actualité a la même importance et la même taille chaque jour pour tenir dans un journal, papier et télévisé, ni que cela est même journalier, ou que ça tient sur ce qui est partagé sur Facebook ou Wattsapp. Il faut arrêter d’être passif quant à l’actualité, et commencer à être pro-actif vis-à-vis de ce qu’on essayer de comprendre.

Perte de Géographie

Les révolutions technologiques ont modifié le rapport que l’homme entretenait avec son environnement, notamment avec sa géographie. Avec le développement des transports au XVIIIème siècle, le temps de voyage entre les villes s’est considérablement réduit. La démocratisation du vol en avion a également réduit les distances plus récemment. Il est normal de traverser le monde en une journée, ou de passer le weekend dans une ville à une heure et demie de vol.

Plus récemment, l’utilisation de smartphone et des applications comme Google Maps a également bouleverser la façon de se déplacer. Non pas en modifiant les distances relatives, mais en accaparant toute notion de voyage. Dans une ville que l’on ne connait pas, se déplacer avec Maps et ce qu’il y a de plus simple. De même lors d’un voyage en voiture. Cependant l’on perd l’habitude de se déplacer de manière plus organique, d’une façon moins guidée. On perd l’habitude d’errer un peu plus, de découvrir des chemins, des endroits cachées, de nouveaux bistrots…. L’avantage de Maps c’est que l’application nous amène d’un point A à un point B, en nous indiquant le temps de trajet, les horaires de bus, le chemin le plus rapide, etc. Mais cela nuit à notre capacité à se déplacer et se repérer naturel, à l’observation du monde autour de nous et la découverte d’une ville et à prendre le temps de se déplacer.

A moins avis, il faudrait essayer de se déplacer de manière moins guidée, plus organique. Voir un trajet dans une ville plus comme un voyage que comme un déplacement entre deux activités. Errer dans une ville est quelque chose de magique qui est en train d’être supprimer par la technologie, et s’en rappeler est important.

Condamnation dans les mouvements sociaux

Une chose que j’ai remarqué dans plusieurs mouvements sociaux, c’est la condamnation pure et dure de ce que le mouvement à définit comme ennemi. Si on prend le mouvement #metoo, par exemple, celui-ci a condamné directement et instantanément toute personne accusée par le mouvement. Aucune attente d’une quelconque décision de justice, ou de laisser la personne en face répondre aux accusations, elles étaient condamnées en avance. Je ne dis pas que les accusés, surtout dans le cas de #metoo sont innocents, mais la condamnation en place publique, sans qu’un jugement judiciaire soit rendu, à quelque chose de similaire à la levée de fourches et de torches au Frankenstein de 1931.

Il est vrai que beaucoup de ces mouvements, surtout au début et, par la suite, lors qu’ils commencent à accaparer un certain intérêt médiatique, sont tout d’abord des moments pour libérer la parole et permettre une forme de débat public. Dans le cas de #metoo, la grande avancé a été de libérer la parole. Il peut d’ailleurs être nécessaire de faire beaucoup de bruit au début, quitte à sacrifier la justice, pour pouvoir faire avancer le mouvement.

Cependant, je pense que pour qu’un progrès soit fait – un réel progrès, c’est-à-dire un changement profond et durable dans les mentalités et les comportement – il faut qu’une réelle discussion soit mise en place qui mène à une compréhension du problème. Si on prend à nouveau le cas du mouvement #metoo, aucun n’effort n’a été mis en place pour comprendre, ou du moins avoir l’avis des «ennemis » du mouvement. Rien n’a été fait pour donner la parole aux hommes, de manière générale, pour qu’ils s’expriment. Je sais que le but premier du mouvement est de libérer la parole des femmes ayant été agressé sexuellement. Mais par la suite, la parole des hommes est essentielle si l’on cherche à résoudre le problème.  Les rapports hommes/femmes sont très complexes et extrêmement subjectifs et pour chercher à les modifier il faut avant tout les avoir compris. Ou du moins avoir l’avis de tout les concernés. C’est d’autant plus important dans ce cas parce que l’on demande a une partie significative de la population de se remettre en question. Cela ne peut qu’être fait, à mon avis, qu’avec un dialogue et l’inclusion de tous les acteurs.

Je sais que cela est beaucoup plus difficile à mettre en place, cela requiert bien plus de ressources, humaines et financières, et c’est pour cela que c’est d’autant plus important. Travailler à résoudre un problème passe par la compréhension et par l’analyse du dit problème pour pouvoir le résoudre. Il ne faut pas l’oublier que souvent le plus dur reste devant soi.