Nommer l’Extrême Droite pour ce qu’elle est

Dans le paysage politique actuel, la terminologie utilisée pour décrire les leaders et les mouvements joue un rôle crucial dans la perception publique. Il est temps d’affronter de front la question brûlante de la qualification des politiciens d’extrême droite : est-il juste de les décrire comme des “populistes” ou est-ce plus précis et plus juste de les catégoriser en tant qu’individus “xénophobes” ou “racistes” ?

Le terme “populiste” est souvent brandi pour caractériser les politiciens qui séduisent un large soutien en proposant des discours simplistes, en remettant en question les élites établies et en promettant des changements radicaux. Cependant, cette étiquette semble parfois édulcorer la profondeur et la gravité des idéologies véhiculées par l’extrême droite.

Qualifier un politicien d’extrême droite de “populiste” revient-il à minimiser la nature discriminatoire de ses discours et l’étendue de ses idées toxiques ? En réalité, des termes tels que “xénophobie” et “racisme” offrent une description bien plus précise des positions et des actions de ces leaders politiques.

Le choix des mots pour décrire les politiciens et leurs idéologies est crucial, car il modèle la perception publique. Nommer un politicien d’extrême droite selon son idéologie réelle permet de contextualiser ses discours et de mettre en lumière les impacts destructeurs de ses actions sur les groupes marginalisés.

Il est impératif de ne pas ménager nos mots. Le terme “populiste” est parfois utilisé comme un voile pour dissimuler des idées nocives. La xénophobie, le racisme et d’autres formes de discrimination sont le terreau même de l’extrême droite.

Nommer précisément les politiciens d’extrême droite en utilisant des termes tels que “xénophobes” ou “racistes” ne doit pas être une option, mais une obligation. Cela offre une compréhension sans équivoque de leurs idéologies et de leurs discours. Il est impérieux de rejeter avec force et clarté ces idées toxiques pour une société inclusive et équitable.

La manière dont nous étiquetons les politiciens d’extrême droite est une responsabilité. La précision dans le langage est essentielle pour comprendre les enjeux et dénoncer fermement les conséquences de leurs discours sur la société. Ne nous voilons pas la face : condamner l’extrême droite pour ce qu’elle est est un devoir, non une option.

Démocratie et Responsabilité

Une chose que je remarque à propos de la démocratie, c’est que celle-ci est souvent citée comme le Graal ultime de notre civilisation. Comme le plus beau progrès qu’on ait pu faire et qui, par lui-même, fait que notre société est intrinsèquement moralement excellente. On parle de la démocratie comme étant un synonyme de liberté et d’indépendance et également comme l’opposé d’un totalitarisme qui ne peut être que la pire des choses pour l’Homme.


Cependant la démocratie n’est rien de tout cela. Elle est avant tout le choix de mettre la responsabilité de la politique sur l’ensemble du peuple. Ce n’est en rien une formule magique qui est la solution à tous nos maux. Je pense que l’on ne parle pas assez de cela : de la responsabilité qu’on les citoyens par rapport aux questions politiques. Et cette responsabilité n’est jamais abordé dans le débat social, ou en tout cas pas en ces terme.

On pourrait également discuter sur la réalité démocratique de nos sociétés. On peut argumenter que le côté démocratique n’est pas en essence la première qualification qu’on pourrait faire de nos sociétés occidentales et qu’un système oligarchique sera bien mieux adapté à leur description, mais ce n’est pas la discussion que j’aimerai avoir ici.

Il est vrai que de nombreuses fois, le peuple prend des initiatives. On peut l’observer dans les mouvements actuels, comme BLM ou les gilets jaunes, mais ces mouvements sont réactionnaires. Ils apparaissent lorsqu’une communauté ou une certaine partie de la population subie plus d’oppression qu’elle ne peut le supporter et donc explose presque littéralement pour essayer de se faire entendre. J’ai donc du mal à y voir de la responsabilité alors que, justement, ces mouvements naissent d’un besoin déjà présent.

La responsabilité de l’individu dans une société démocratique ne doit pas être réactionnaire. Cela doit se manifester avant tout par une consciente de cette responsabilité et l’acceptation de ce poids qui mène à une proactivité de la part des individus. C’est à tout moment qu’on doit se concerter et se poser les questions de politiques. Attendre que tout brûle et seulement à ce moment se rendre compte effectivement des problèmes n’est pas ce que j’appellerai être responsable.

Je reconnais que c’est quelque chose de très difficile à mettre en place. Cela requiert une curiosité politique de la part de l’ensemble des individus et une volonté de travailler dans la résolution des différents défis que peut proposer le vivre ensemble dans nos sociétés très complexes. En plus de cela, nos démocraties sont conçues sur un modèle de représentativité, qui tout d’abord est tout sauf inclusif, mais qui également décharge cette responsabilité de l’individu dans des institutions et des élus qui sont sensés l’incarner.

Je reste convaincu que la notion de responsabilité reste absente de la notion de démocratie qu’on observe autour de nous et cela nuit gravement à l’existence d’une démocratie pleine et entière. Je sais cependant que le débat pour savoir si l’on peut faire confiance à l’ensemble des individus pour mener à bien le destin d’une société à beaucoup de détracteurs. Mais comme je l’ai écrit : la démocratie n’est en rien une solution, elle n’est qu’une prise de responsabilité. Combien de personnes sont prêtes à la prendre entre leurs mains ?